Nous publions, à la demande de la Fédération Alsace bilingue, l'article ci-dessous :

Appel pour un financement croisé de l’enseignement des langues française et allemande dans le Rhin supérieur

La coopération franco-allemande, tant au niveau des échanges économiques que de ceux entre citoyens, en particulier sur le plan transfrontalier, se met d’autant mieux en pratique que la connaissance de la langue du partenaire est maîtrisée et le bilinguisme franco-allemand consolidé. Or, il apparaît que la connaissance de la langue allemande dans les zones françaises frontalières de l’Allemagne et la connaissance de la langue française dans les zones allemandes frontalières de la France sont en recul significatif.

La France ne peut rester indifférente au recul de la connaissance de la langue française en Allemagne, tout comme l’Allemagne ne peut rester indifférente au recul de la connaissance la langue allemande en France. Ce constat est encore plus fondé encore davantage pour ce qui concerne la région du Rhin supérieur, en raison des liens historiques et culturels caractérisant cette région : la langue allemande a une place historique en Alsace où elle est reconnue comme langue régionale et la langue française joue un rôle particulier dans le Pays de Bade, en raison des liens traditionnels avec France.

Dans une perspective de bilinguisme franco-allemand, chaque pays a besoin de l’autre pour développer la meilleure connaissance possible de sa langue dans le pays partenaire. Au-delà des actions qu’il revient à chaque État de mettre en œuvre pour renforcer sur son territoire la connaissance de la langue du partenaire, il est particulièrement opportun que dans le cadre de l’amitié qui les lie, chaque État soit aussi encouragé à agir directement pour développer sa langue auprès la population du pays ami. En d’autres termes, la France doit être encouragée à développer des actions en faveur de la langue française en Allemagne et parallèlement l’Allemagne doit être encouragée à développer des actions en faveur de la connaissance de la langue allemande en France. Cette aide peut prendre des formes diverses : mise à disposition d’éducateurs ou d’enseignants, fourniture de matériel pédagogique, accueil d’étudiants de l’État voisin dans ses structures de formation, mais aussi soutien financier à des programmes d’enseignement, publics associatifs ou privés, dans le pays partenaire.

Il parait souhaitable que ces formes d’aides se développent dans un certain parallélisme. Chaque État partenaire et/ou bien les entités territoriales qui en font partie pourraient ainsi s’engager pour un certain montant d’aides apporté à sa langue dans le pays voisin. Par exemple, la France s’engagerait à apporter des aides pour la connaissance de la langue française au Bade Wurtemberg pour un montant de 1 million d’euros, tandis que l’Allemagne et le Bade Wurtemberg s’engageraient pour un même montant pour le soutien de la langue allemande en Alsace. Nous appelons les élus et associations culturelles des deux côtés du Rhin, les Collectivités territoriales du Rhin supérieur, les structures de coopération transfrontalière, les Eurodistricts, le Comité de coopération transfrontalière, l’Assemblée parlementaire francoallemande à soutenir cette proposition.

Fédération Alsace bilingue / Verband zweisprachiges Elsass

(article bilingue PDF)

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