Nous publions ci-dessous des communiqués de M. Sylvain Waserman, Vice-Président de l'Assemblée Nationale et Membre de l'Assemblée parlementaire franco-allemande, du Conseil Rhénan et de M. Jean-Luc Heimburger, CCI Alsace Eurométropole et porte-parole du pilier économie de la Région métropolitaine trinationale du Rhin supérieur. Vous trouverez d'autres communiqués d'hommes et femmes politiques allemands - Mme Sylvia Kotting-Uhl (Bündnis 90/Die Grünen, membre du Bundestag), M. Kai Whittacker (CDU, membre du Bundestag), M. Jonas Weber (SPD, membre du Landtag du Bade-Wurtemberg), M. Christian Jung (FDP, membre du Bundestag) - sur notre page allemande (https://www.cafa-rso.eu/index.php/de/aktuelles). 

M. Sylvain Waserman, Vice-Président de l’Assemblée Nationale, député LRM 2ème Circonscription Bas-Rhin, membre de l’Assemble parlementaire franco-allemande

La fermeture des frontières en Europe pendant plusieurs mois est une situation que nous ne pensions pas possible au XXIème siècle. Cette vision est d’autant moins supportable au niveau de la frontière entre la France et l’Allemagne que jamais nos deux pays n’ont développé autant d’instances de collaboration et de co-construction (créations récentes de l’Assemblée parlementaire franco-allemande et du Comité de coopération transfrontalière franco-allemand). La signature du Traité d'Aix-La-Chapelle le 22 janvier 2019 a marqué un renforcement important de la collaboration entre la France et l'Allemagne leur permettant d'être le fer de lance de l'intégration européenne : c’est dire combien la fermeture des frontières entre nos deux pays est contraire au sens de notre Histoire commune. 

L’ampleur de la crise sanitaire a certes nécessité une réponse forte de la part des États afin de limiter la propagation de l’épidémie. Avec nos déconfinements respectifs, la situation sanitaire doit, à présent, laisser la place au retour d’une certaine normalité. En effet, les restrictions actuelles qui pèsent sur le passage à la frontière engendrent des problématiques qui sont humainement difficilement acceptables. Des familles sont séparées, des travailleurs frontaliers font des dizaines de kilomètres de détour (car de nombreux points de passage sont fermés) et les transports en commun sont limités. Il y a, en somme, une impossibilité de reprendre la vie quotidienne frontalière.

Au regard de l’actualité, ce n’est pas la fermeture des frontières qui permettra d’améliorer la gestion de la crise mais bien leur ouverture. Comme le souligne la Commission européenne ainsi que le bureau de l’Assemblée parlementaire franco-allemande, dont je suis membre, les mesures pour la réouverture des frontières doivent être prises de façon coordonnée. La date du 15 juin, choisie pour la réouverture de la frontière franco-allemande, est encore trop lointaine alors que le déconfinement a été fait le 3 mai en Allemagne et le 11 mai en France. C’est pourquoi j’ai soutenu la déclaration du bureau de l’Assemblée parlementaire franco-allemande du 7 mai dernier appelant notamment à  la réouverture immédiate de tous les points de passage de la frontière, au rétablissement des services de transport transfrontalier, et à l’élaboration d’approches transfrontalière spécifiques en cas de pandémie, en concertation avec tous les acteurs locaux déterminants.

L’Allemagne et la France doivent montrer l’exemple d’une coordination et d’un dialogue sans faille, surtout lors de crises comme celle que nous vivons.

Sylvain Waserman

 


 

Contrôles aux frontières dans le Rhin supérieur : pour le rétablissement de la normalité transfrontalière

Depuis le début de la crise sanitaire, les membres du Présidium du Conseil Rhénan, parlement trinational de la région du Rhin supérieur, échangent régulièrement. Au cours de la conférence téléphonique tenue hier, le Président et les trois Vice-Présidents ont discuté des évolutions actuelles relatives à la pandémie du Covid-19 et réitéré la demande du Bureau du Conseil Rhénan du 24 avril 2020 de rouvrir dès que possible les frontières pour l’ensemble de la population. 

Le Présidium du Conseil Rhénan, composé de Josha Frey (Landtag du Bade-Wurtemberg), Christian von Wartburg (Grand Conseil du Canton de Bâle-Ville), Theo Kautzmann (Ville de Landau i.d. Pfalz) et Claudine Ganter (Région Grand Est), soutient l’appel des co-présidents du bureau de l'Assemblée parlementaire franco-allemande à rétablir la normalité transfrontalière le plus rapidement possible en abandonnant toutes les restrictions à l’entrée du territoire. L’élaboration de stratégies et de dispositions transfrontalières spécifiques en cas de pandémie, prenant en compte la réalité de la vie dans les espaces frontaliers, sera notamment une priorité dans les mois à venir. 

« Les chiffres de l'infection continuant à converger dans toute la région du Rhin supérieur, il n'est plus possible d'expliquer pourquoi un déplacement de Fribourg à Offenburg est autorisé sans « motif impérieux », mais pas à Colmar ou à Bâle. Les échanges mutuels et les bons contacts par-delà la frontière sont essentiels pour un développement personnel et économique durable dans les régions frontalières », déclare Josha Frey, Président du Conseil Rhénan. 

Un pas dans la bonne direction a déjà été effectué par le gouvernement du Land du Bade-Wurtemberg en permettant aux travailleurs frontaliers de faire à nouveau des achats sur le trajet domicile-travail à partir du lundi 11 mai 2020. Afin d'éviter des effets négatifs à long terme sur la mobilité transfrontalière, les autorités responsables en France, en Allemagne et en Suisse doivent travailler de manière coordonnée pour faciliter encore davantage le franchissement des frontières. Leur réouverture simplifierait non seulement la vie quotidienne des citoyens de la région du Rhin supérieur, mais pourrait également favoriser une reprise économique rapide après la crise.

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Jean-Luc Heimburger, CCI Alsace Eurométropole et porte-parole du pilier économie de la Région métropolitaine trinationale du Rhin supérieur:

La crise sanitaire que nous vivons a eu des effets très concrets sur ce que nous considérions comme acquis et qui s’avère pourtant réversible : la liberté d’aller et de venir. La fermeture des frontières entre la France et l’Allemagne, mais aussi avec la Suisse et tous nos voisins immédiats, a porté un coup d’arrêt brutal à la liberté de circulations des personnes comme des biens.

Les impératifs sanitaires imposaient à l’évidence des mesures radicales et nous ne pouvons que respecter des décisions prises dans l’intérêt de tous. Il est toutefois tout aussi nécessaire que ces décisions soient proportionnées. Or que constatons-nous ? Pour lutter contre une pandémie, les Etats européens ont ralenti leurs échanges entre eux, au risque, si les fermetures de frontière se poursuivaient, d’ajouter à la crise sanitaire des conséquences économiques tout aussi dramatiques. 

C’est pourquoi, en concertation étroite avec nos partenaires économiques allemands et suisses, j’ai saisi le Premier Ministre Edouard Philippe pour attirer son attention sur le poids des échanges frontaliers en Alsace et sur la nécessité de lever au plus vite les restrictions de circulation qui obèrent quotidiennement les déplacements des travailleurs frontaliers comme les échanges de marchandises. 

Aujourd’hui, les mesures en vigueur ne paraissent plus justifiées et nous sollicitons des gouvernements français et allemand une réouverture effective et complète des frontières immédiate. 

En effet, la perspective avancée conjointement par Berlin et Paris d’un retour à la normale le 15 juin ne tient pas compte de la réalité économique et des risques majeurs pour notre activité et nos emplois. 

Face à l’épreuve que nous endurons collectivement, c’est unis que nous devons avancer : il nous faut miser sur l’amitié franco-allemande dont l’évidence pour nos entreprises, comme pour les citoyens que nous sommes, constitue aussi un témoignage d’espoir et de raison alors que certains pourraient être tentés par le repli sur soi. 

Représentant des 80.000 entreprises alsaciennes, et porte-parole du Pilier Économique de la RMT, je suis fier d’affirmer que nous partageons une communauté d’intérêts et de destin avec nos amis allemands.  

Jean-Luc HEIMBURGER

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