Le Club d’Affaires Franco-Allemands s’informe sur l’e-commerce

Le 10 octobre 2018, les membres du Club d’Affaires Franco-Allemand du Rhin Supérieur (CAFA RSO) se sont retrouvés au Centre de Conférences de l’Aar à Strasbourg Schiltigheim pour une manifestation originale réunissant une conférence technique avec témoignage d’entrepreneur et une exposition de peintures de l’artiste strasbourgeois Patrick Bastardoz.
Trois avocates du cabinet strasbourgeois Valoris Avocats ainsi qu’un confrère allemand du cabinet stuttgartois Menold Bezler ont présenté devant un public attentif les règles fondamentales s’appliquant à l’e-commerce en matière de fiscalité indirecte (TVA), de droit de la concurrence ainsi que sur le plan de la protection des données personnelles.
La conférence s’est ouverte sur une partie générale présentée par Me Ludemann-Ober, (avocate chez Valoris Avocats et membre du comité de direction du CAFA RSO). Les participants ont ainsi pu saisir l’ampleur du phénomène de l’e-commerce : plus de 87 milliards d’euros dépensés par les consommateurs français en 2017, soit une hausse de plus de 14% par rapport à l’année précédente et une croissance vertigineuse comparés à « seulement » 30 milliards d’euros en 2010 – source Fevad). Me Ludemann-Ober a également attiré l’attention du public sur les difficultés et dangers générés par l’e-commerce au sein de notre société : potentielle désertification de centres-villes, encore accentuée par l’évolution démographique défavorable en Allemagne, situations monopolistiques, contrôle de nos comportements d’achat, manipulation du consommateur grâce à l’enregistrements et l’exploitation de données (big brother fait du shopping avec vous), besoins accrus en matière de transport et pollution atmosphérique du fait des livraisons souvent à l’unité, dépendance des commerçants de leurs prestataires de transport, pression concurrentielle augmentée, …
Le Club d’Affaire envisage d’ailleurs une manifestation au sujet du « côté sombre » de l’e-commerce courant 2019.
Mais l’e-commerce, souvent dépeint comme ennemi du commerçant local peut également s’avérer son allié lui permettant d’accéder à une clientèle plus vaste, voire internationale, de fidéliser sa clientèle de passage via un site de vente en ligne en parallèle à la boutique physique, d’augmenter la visibilité des produits disponibles localement via une plateforme numérique, etc. Nombre de commerçants locaux contribuent au développement de solutions de livraison innovantes et écologiques (à pieds, à vélo, en consigne, crowdsourcées, …) et certains anciens « pure players » de l’internet commencent à s’installer localement. Est-ce pour proposer les services de conseil et de SAV qui manquent au consommateur dans le commerce en ligne ou afin de bénéficier de certains avantages en matière de droit de la concurrence ? Selon Me Bernard, les réponses sont certainement aussi nombreuses que les acteurs de ce marché en plein essor.
Pour le commerçant local, le bon choix stratégique par rapport à son domaine d’activité semble fondamental. Ensuite, il faudra éviter les écueils pouvant se présenter lorsqu’une entreprise s’attaque au marché en ligne.
C’est à ces aspects que les avocats ont souhaité rendre attentifs les auditeurs. Ainsi une TVA que l’on aurait, par méconnaissance des règles applicables, omise de facturer à un consommateur final reste une charge pesant lourdement sur les résultats de l’entreprise, a précisé Me Berrutto. Les nouvelles contraintes imposées notamment par la réglementation communautaire (RGPD) ont été exposées par Me Antoni.
La partie technique de la présentation était suivie par le témoignage d’un entrepreneur en la personne de Bertrand Gillig, de la Galerie d’Art strasbourgeoise du même nom. M. Gillig soulignait que le marché de l’art est un marché très particulier, les « produits » (à condition qu’on ose appeler les œuvres d’art des produits) en raison de leur singularité, de leur besoin d’éclairage, de mise en scène et de leur caractère précieux ne se prêtant pas réellement à ce type de canal de distribution. Cependant, la présence sur internet peut, notamment en vue d’une mise en relation entre vendeur et client, constituer une approche très intéressante même dans ce domaine particulier, à condition de rester dans un système multi- ou pluri-canal.

Connexion

Rechercher

Newsletter